Ah, réseaux quand tu nous tiens !

Calogero Conti

Recteur de l’UMONS

L’UCL et l’Université Saint Louis à Bruxelles viennent d‘annoncer leurs fiançailles pour un prochain mariage à célébrer selon toute vraisemblance en 2017. « Vive la mariée » pourrait-on s’écrier dans le grand public surtout quand ce rapprochement est présenté comme un exemple de rationalisation du paysage de l’enseignement supérieur.

Sauf que… !

Il faut bien constater que la logique des réseaux héritée des siècles passés continue encore en ce début de 21e siècle, à influencer l’évolution du paysage de notre enseignement supérieur et c’est sans doute regrettable.

L’histoire se répète : à Mons, en 2011, les FUCAM ont fait le choix d’être absorbées par l’UCL et de ne pas rallier l’Université de Mons qui pourtant leur ouvrait les bras. Elles ont ainsi fait le choix de consacrer l’existence sur un même territoire, à quelques centaines de mètres l’une de l’autre, de deux universités alors que certains des cursus organisés y sont les mêmes.

Pourtant, c’est essentiellement lorsqu’un rapprochement s’effectue sur une base géographique qu’un réel partage de ressources devient efficace. On peut partager des infrastructures situées à proximité, on peut regrouper les étudiants sans leur imposer de longs déplacements et ne pas dédoubler les cours de cursus proches, on peut consolider les structures administratives avec une vraie fusion de celles-ci. Bref, on peut faire plus tout en maintenant les moyens des institutions partenaires, l’Université de Mons vit cela au quotidien depuis sa création en 2009 au départ de l’Université de Mons-Hainaut, la Faculté Polytechnique, l’Ecole d’Interprètes Internationaux et l’Institut Supérieur d’Architecture, leur association à Mons ayant au final accentué le volume d’activités de chacun des partenaires, amélioré le service aux étudiants et augmenté le volume d’emploi.

Ce constat de la logique géographique comme moteur des rapprochements entre institutions n’a rien d’original et est marqué du sceau du bon sens car pour des villes de petite taille ou de taille moyenne, les cas sont rares voire inexistants où on y voit coexister plusieurs universités financées par un même pouvoir public.

De plus, le risque d’ailleurs souligné par le recteur de l’ULB d’une recrudescence de la concurrence entre institutions est sans doute avéré d’autant que le recrutement des universités de la Communauté française présente un caractère local marqué. Il reste à espérer pour que les dégâts restent limités, que les structures collaboratives locales telles que les Pôles mis en place par le décret de novembre 2013 puissent jouer leur rôle avec une adhésion suffisante de chacun des partenaires.

Lorsqu’on s’étonne de cette logique des réseaux qui au mépris du bon sens, influence l’évolution du paysage de notre enseignement supérieur, on s’entend rétorquer que cela se justifie par l’histoire, qu’il s’agit d’une spécificité bien de chez nous et que de toute façon, il s’agit de respecter la liberté d’association.

Soit ! Mais au moins, que les choses soient claires et qu’on nous épargne le mot « rationalisation » qu’à Mons, nous avons dû subir en 2011 lors de la création de l’UCL-Mons car tout cela n’a rien de rationnel : il s’agit ni plus ni moins de l’exercice d’un droit d’association exercé sur la base d’une logique de réseaux. Cela a un coût, il faut le savoir, et n’est certainement pas la meilleure façon d’optimiser les moyens et les services offerts aux étudiants.

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Enfin un refinancement de l’enseignement supérieur.

Cela fait bien longtemps qu’on l’attendait et il est finalement arrivé : un refinancement de l’enseignement supérieur a été voté au Parlement de la Communauté française en juin 2016. Certes, sa portée est limitée : un montant total de 107,5 MEUR est prévu au cours des 4 prochaines années, avec une affectation progressive se concrétisant par 10 MEUR en 2016 pour terminer en fin de législature avec une augmentation annuelle de 42 MEUR, soit environ 3 % de l’enveloppe totale consacrée à l’enseignement supérieur. Dans le contexte ambiant d’austérité, ce refinancement aussi limité soit-il constitue une embellie dont les universités avaient bien besoin et met fin à la trop longue période de définancement qu’elles ont connu depuis près de 20 ans.

Ce refinancement reconnaît la nécessité d’un rattrapage plus important pour les universités par rapport aux hautes écoles. Depuis 1996, l’effet d’un mécanisme de financement en enveloppe fermée cumulé à l’augmentation du nombre d’étudiants universitaire provoqué une chute de 15 % du subside par étudiant. Cette chute est de l’ordre de 4 % pour les hautes écoles. Dès lors, en 2016, les universités recevront 75% des 10 millions promis. Les années suivantes, la clef pourrait être légèrement plus favorable aux hautes écoles avec au maximum 35% du budget additionnel et au minimum 65% aux universités.

Ce refinancement a le souci de limiter la concurrence entre universités. En effet chaque université reçoit un subside annuel lié à son nombre pondéré d’étudiants subsidiables. Il est constitué d’une part, par une partie fixe calculée au départ de la moyenne des 10 années qui précèdent l’adoption de la loi de financement et d’autre part, par une partie variable glissante, basée sur la moyenne des 4 années précédentes. La nouvelle loi de financement prévoit une augmentation de la partie fixe qui passe de 25% à 30%. ce qui contribue à rendre le subside de chaque université moins dépendant du recrutement récent en étudiants. Une autre mesure de ce nouveau décret va également dans le sens d’une limitation de la concurrence, à savoir l’application à toutes les universités de nombres plafonds qui limitent à 75%, le financement de chaque étudiant au-delà de ces nombres plafonds.

La nouvelle loi de financement prévoit en outre un système inédit de solidarité entre les institutions universitaires. Une mesure a été adoptée garantissant jusqu’en 2022, à chacune des 6 institutions universitaires, l’allocation dont elle disposait en 2015. Si l’enveloppe globale consacrée à l’enseignement supérieur ne permet pas d’assurer ce minimum, le complément est fourni par les autres universités au prorata du bénéfice qu’elles ont tiré de la nouvelle loi de financement. Cette mesure est assez remarquable et mérite d’être soulignée car elle a été proposée au législateur par les recteurs eux-mêmes, ce qui peut contribuer en tout cas on peut l’espérer, à modifier l’image de concurrence effrénée bien trop souvent mise en avant par la presse.

Cet ensemble de mesures aura un effet bénéfique sur l’allocation que recevra l’Université de Mons dès 2016, ne fût-ce que par l’adaptation de la partie fixe au nombre d’étudiants subsidiables qu’elle a accueilli entre 2004 et 2014, un nombre bien plus conséquent qu’entre 1994 à 2004, vu la progression récente du nombre d’étudiants ayant choisi l’UMONS pour y réaliser leurs études universitaires.

Un pas dans le bon sens vient donc d’être franchi avec ce nouveau décret financement. Il reste à espérer qu’il sera suivi par d’autres car il faut bien être conscient que la qualité que l’on reconnaît aujourd’hui à nos universités ne se maintiendra pas demain si l’effort d’un refinancement n’est pas consenti. L’effet d’inertie ne dure qu’un temps, il faut de temps en temps relancer la machine, et ce temps est venu. L’enjeu est sérieux : il s’agit de la qualité des ressources humaines dont nous disposerons demain, il s’agit du potentiel d’innovation sur lequel nous pourrons compter demain. On ne peut à la fois pas plaider pour une massification de l’enseignement universitaire à laquelle nous souscrivons pleinement au sein de l’UMONS, et ne pas augmenter en conséquence l’enveloppe consacrée à son financement.

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De meilleures infrastructures pour l’UMONS : inauguration de la Cité de la Grande Triperie

L’inauguration officielle de le Cité de la Grande Triperie a eu lieu ce vendredi 27 mai. Certes, la Cité est opérationnelle et héberge déjà depuis le début de cette année académique près d’une centaine d’étudiants. Mais une rénovation aussi profonde et un chantier aussi conséquent, cela mérite  une inauguration officielle, d’autant que pour mettre un peu de baume dans le cœur des voisins de cette cité et nous faire pardonner les désagréments d’un chantier qui a duré une bonne année. Nous avons justement choisi la date d’aujourd’hui, qui est la date de la fête des voisins pour procéder à cette inauguration. L’objectif était de nous faire pardonner auprès des voisins qui ont subi les désagréments d’un chantier qui a quand même duré un an.

Cette inauguration me donne l’occasion de préciser le contexte de notre politique en matière d’infrastructure.

Notre université connaît depuis sa création en 2009 une phase de croissance, avec une augmentation sensible de notre nombre de ses étudiants. Ainsi par exemple, pour ne citer qu’un chiffre, nous enregistrons depuis 2009, année de la création de l’UMONS, une croissance de 30 pourcents en première année avec aujourd’hui, un total de 7500 étudiants dont 700 environ sur le site de Charleroi.

Elle enregistre également une augmentation significative de son personnel. Nous atteignons aujourd’hui un staff du personnel de l’ordre de 1200 etp, si on compte l’ensemble du personnel à savoir le personnel statutaire ainsi que le personnel contractuel, y compris les chercheurs engagés sur contrats extérieure. Cela correspond à une augmentation ces 6 dernières années d’une centaine d’unités, l’UMONS étant actuellement l’un des plus grands employeurs de la région de Mons

Les recettes d’une institution comme l’UMONS proviennent pour environ 60% de subsides de la Communauté française, subside lié au nombre d’étudiants, mais aussi de recettes diverses, dont la plus importante est générée par des contrats de recherche passés avec la région, la communauté, le fédéral ou l’Union européenne. Les universités en communauté française jouissent et c’est heureux d’une assez grande liberté de gestion. Il s’agit donc d’assurer une répartition équilibrée entre dépenses de personnel, dépenses de fonctionnement et investissement dans les infrastructures.

Les besoins en infrastructures concernent bien évidemment leur entretien et leur modernisation, et c’est un poste important. J’ai l’habitude de dire que le vrai campus de l’UMONS, c’est le centre-ville. Nous y disposons d’environ 50 adresses postales et d’une trentaine de bâtiments. Ces besoins concernent aussi la création de nouveaux espaces répondant aux besoins de notre institution, et en particulier de nouveaux besoins liés à sa croissance. Il me semble utile de faire un tour d’horizon des principaux chantiers à venir en les associant aux trois principaux objectifs de l’institution

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Premier objectif : L’extension des espaces à vocation académique à disposition des étudiants et du personnel

Dans les prochaines années, il est prévu fin 2017, de finaliser la rénovation du 22, place du parc qui abritera la plupart des services administratifs directement en contact avec nos étudiants

En 2018, c’est la construction d’un nouveau bâtiment sur notre campus de la Plaine qui sera achevée. Il porte le nom provisoire de bâtiment des théoriciens et abritera essentiellement des services d’enseignement et de recherche de la faculté de traduction et d’interprétation.

En 2019, nous devrions également avoir finalisé la rénovation du 23, place du parc, qui abritera notamment la future bibliothèque des sciences humaines ainsi qu’un espace muséal, notamment destiné à la diffusion des sciences et de la culture.

A l’horizon 2020, mais le projet n’en est ici qu’à ses débuts, il est prévu d’achever la rénovation du 88, rue d’Havré qui abrite notre faculté d’architecture. Cette rénovation prévoit une extension au départ de la construction d’un nouveau bâtiment sur lequel notre faculté d’architecture planche déjà elle-même.

Deuxième objectif : l’augmentation de notre capacité d’hébergement

Nos hébergements sont assurés par deux types de cités : celles dont nous sommes les propriétaires, la Cité Houzeau, la Cité Franeau et la Cité de la Grande Triperie en font partie. La cité Franeau a subi une rénovation profonde en 2011. C’est au tour de la Cité de la Grande triperie de subir ce lifting profond et que nous inaugurons aujourd’hui.

Il y a également dans notre capacité d’hébergement des cités qui sont construites par des investisseurs privés qui compte les mettre en location. Nous essayons dans la mesure du possible d’établir avec eux un contrat de location à long terme. C’est ainsi qu’en 201, la Cité KotUmons a vu le jour en Centre-Ville, également dans la rue de la Grande triperie.

C’est ainsi aussi que selon toute vraisemblance, nous pourrons en 2017 compter sur la mise en service d’une nouvelle cité, avenue de la Croix rouge. Elle est déjà en cours de construction et elle devrait être occupée par nos étudiants également sur la base d’une location de longue durée

Troisième objectif, qui n’est pas le moindre, la création d’espaces destinés à améliorer le bien-être du personnel et des étudiants

Après la mise en route il y a quelques années d’un second restaurant et d’une salle omnisport, on peut ici signaler que le nouveau bâtiment des théoriciens au Campus du Parc, abritera en 2018 des espaces de détente et des espaces d’études pour nos étudiants ainsi qu‘une crèche à l’intention de notre personnel et de nos étudiants.

Il s’agit d’un plan d’infrastructures ambitieux et indispensable, financé à partir de nos fonds propres et par un recours raisonnable à l’emprunt et aux bons de trésorerie. On peut regretter à cet égard qu’il n’y ait pas comme cela a existé dans le passé certains budgets spécifiques consistants alloués par la Communauté pour l’entretien des bâtiments mais chacun connaît aujourd’hui les difficultés financières de notre Communauté française.

Petite anecdote, nous sommes plusieurs, en particulier l’administrateur Michel Coulon et moi, à nous être posé la question de savoir s’il n’était pas opportun de profiter de cette inauguration pour changer le nom de la Cité de la Grande Triperie, avec pour objectif de le moderniser. Il apparaissait d’ailleurs aussi difficile à traduire. Comment d’ailleurs si je vous pose la question traduiriez-vous Cité de la Grande triperie. Ce n’est pas facile évidemment mais c’est possible quand même avec une « Big Tripe Shop Residence » qui en jette certes mais qu’il vaut peut-être mieux ne pas traduire car au premier degré bien sûr, l’appellation n’est peut-être pas de nature à rassurer un de ses futurs locataires venant de l’étranger à moins qu’il ne soit amateur de viande et d’abats.

Finalement, nous en sommes resté à l’appellation d’origine en version française uniquement, et ce par respect vis-à-vis de l’histoire de ce bâtiment érigé dans le quartier de la Grande Triperie. Il s’agit en fait au départ d’un hôtel construit au moment de l’arrivée du Shape en Belgique en 1967 au moment où les promoteurs ont parié à tort sur sa rentabilité. C’est dans ce contexte que l’hôtel a été racheté par l’UMH à l’époque. C’est donc par respect pour l’histoire du quartier que le nom n’a pas été changé.

 

 

 

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Le Pôle hainuyer : deux années après sa création, quelle plus-value ?

Logo PH horizontalSuite à l’adoption du Décret « Paysage » en 2014, le Pôle hainuyer constitue une structure nouvelle et inédite, définie sur une base géographique et regroupant tous les acteurs de l’Enseignement supérieur en Hainaut, toutes formes d’enseignement et tous réseaux confondus. Il rassemble quelques 35.000 étudiants issus de 37 établissements d’Enseignement supérieur parmi lesquels 3 Universités (UMONS, UCL, ULB), 3 Hautes Ecoles (Haute Ecole en Hainaut, Haute Ecole Louvain en Hainaut, Haute Ecole provinciale Condorcet), 3 Ecoles supérieures des Arts (Arts au carré, ESA Saint Luc Tournai, Académie des Beaux-Arts de Tournai) et 28 établissements de Promotion sociale.

L’objectif du Pôle hainuyer est de promouvoir les collaborations entre les institutions hainuyères partenaires en vue d’offrir des services de qualité aux étudiants.

Après deux années de fonctionnement, les principales actions du Pôle hainuyer qui apportent une plus-value manifeste aux différents acteurs concernés portent notamment sur l’aide à la réussite, le partage des ressources et des infrastructures, l’information et l’orientation des futurs étudiants.

En ce qui concerne l’aide à la réussite, la formation « Je rebondis » a été mise en place ces deux dernières années à destination des étudiants de l’Enseignement supérieur en situation d’échec et souhaitant se réorienter après la session d’examens de janvier. Cette formation est commune à toutes les institutions partenaires et est organisée en collaboration directe avec les Etablissements de Promotion sociale. Le projet « Coup de pouce » récemment instruit, et qu’il est prévu de concrétiser prochainement, concerne l’organisation d’activités de préparation aux études supérieures en collaboration avec l’Enseignement de Promotion sociale. Il s’adressera plus particulièrement aux étudiants sortant des filières technique et professionnelle de l’Enseignement secondaire.

Le Pôle hainuyer permet également aux étudiants et enseignants hainuyers de bénéficier d’un plus large éventail de services à leur disposition, à travers le partage de ressources et d’infrastructures. Une convention globale a été signée qui permet aux étudiants, enseignants, chercheurs et autres membres du personnel d’accéder à toutes les bibliothèques des institutions du Pôle situées en Hainaut. Les modalités d’un partage partiel de logements d’étudiants, d’infrastructures sportives ainsi que d’espaces culturels, sont en passe d’être finalisée et seront opérationnelles dès l’année académique prochaine.

L’information et l’orientation ont fait l’objet d’une approche concertée visant à fournir des renseignements structurés et pratiques susceptibles de mieux orienter les élèves du secondaire, ainsi que les étudiants du supérieur ou les adultes engagés dans la vie active qui souhaitent entamer, poursuivre ou reprendre des études supérieures.

Assemblée générale constituante du Pôle hainuyer, le 28 mars 2014Avec le lancement officiel ce lundi 30 mai 2006 du site web du Pôle hainuyer (www.polehainuyer.be), un répertoire des 550 formations offertes dans le Hainaut dans 20 domaines d’études supérieures est accessible depuis un seul et même support via une interface simple et pratique. Celui-ci renvoie vers les informations complètes sur les sites web des institutions et donne une vision globale de l’offre de formation dans le Hainaut, toutes formes d’enseignement (Universités, Hautes Ecoles, Ecoles supérieures des Arts et Etablissements de Promotion sociale) et tous types de formation (formation initiale ou continue ; en horaire de jour, décalé ou adapté) confondus.

D’autres actions ont également été concrétisées dans le domaine de l’aide aux étudiants à besoins spécifiques. Le Pôle hainuyer suscite une approche concertée sur les modalités d’accueil des étudiants à besoins spécifiques, notamment à travers le partage d’expériences et de bonnes pratiques entre les institutions.

D’autres initiatives du Pôle hainuyer touchent également les domaines de la mobilité étudiante et de la recherche. Citons, par exemple, la réalisation d’un « Guide d’accueil des étudiants internationaux du Pôle hainuyer », l’organisation d’une Journée d’accueil commune des étudiants internationaux, la mutualisation de cours de Français Langue Etrangère à destination des étudiants internationaux ainsi que l’organisation de Journées scientifiques annuelles, etc.

Si l’action du Pôle hainuyer sera à juger dans quelques années sur la base des plus-values qu’il est parvenu à apporter aux acteurs directement concernés de l’Enseignement supérieur en Hainaut, les deux premières années de fonctionnement se révèlent extrêmement encourageantes dans la mesure où la plupart des actions mises en place aujourd’hui n’auraient probablement jamais pu l’être sans les contacts structurels entre partenaires induits par l’existence du pôle hainuyer.

 

 

 

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Limitation de l’accès à certains cursus universitaires : cartes sur table svp…

La Fédération Wallonie-Bruxelles prône, à juste titre, la démocratisation de l’enseignement supérieur, objectif auquel l’Université de Mons adhère pleinement.

Pourtant, l’accès à certains cursus vient d’être limité (en sciences médicales et dentaires) ou est probablement en passe de l’être (en kinésithérapie et en sciences vétérinaires) sous prétexte qu’il semble impératif d’y réduire le nombre de diplômés.

En effet, le décret du 9 juillet 2015 a fixé l’accès en deuxième année du bachelier en sciences médicales à 605 étudiants (arrêté du 17 juillet 2015) sur la base d’un examen concours en fin de première année alors que le nombre total de diplômés de bachelier en sciences médicales est actuellement d’environ 1000 étudiants. Ce chiffre de 605 pourrait d’ailleurs diminuer de façon drastique en cas de lissage négatif par le Gouvernement fédéral du nombre d’attestations dans les prochaines années.

En kinésithérapie, des chiffres officieux ont été avancés, à savoir environ 200, le nombre de kinésithérapeutes qui pourraient être diplômés annuellement à l’avenir alors qu’ils sont près de 800 actuellement.

Rien qu’en se limitant à ces deux filières, ce sont donc pratiquement plus d’un millier de diplômes de haut niveau qui ne seront plus accessibles annuellement à nos jeunes.

Ce n’est pas rien d’autant que les raisons conduisant à ces limitations ne sont pratiquement pas explicitées, et en tout cas pas sur la base d’indicateurs objectifs, transparents et indiscutables. C’est pour le moins inquiétant et même inacceptable dans un contexte universitaire.

Quelles pourraient être les raisons objectives de la limitation d’accès à un cursus ?

L’équilibre de la sécurité sociale est régulièrement invoqué tant pour le cursus en sciences médicales que pour la kinésithérapie. Dispose-t-on toutefois d’études rigoureuses montrant la corrélation entre le nombre de médecins et la dépense de la sécurité sociale ? Et si, à la rigueur, cet argument devait s’avérer recevable pour les médecins, serait-il extrapolable aux kinésithérapeutes qui n’ont pas la possibilité de prescrire eux-mêmes les actes pour lesquels ils sont rémunérés ?

On est en droit de s’inquiéter de cette évolution d’autant qu’on peut difficilement convaincre le citoyen d’un nombre excessif de médecins en activité quand il constate le délai de prise de rendez-vous chez un spécialiste ou le phénomène croissant d’importation de médecins d’autres pays européens. Il faut aussi être conscient que c’est plutôt une pénurie de médecins qui s’annonce, notamment pour les médecins généralistes, et en particulier dans la province du Hainaut

Certains invoquent les problèmes d’encadrement posés par le nombre excessif d’étudiants dans ces filières. Pour s’en persuader, on aimerait pouvoir disposer d’indicateurs objectifs tels que, par exemple, le nombre d’équivalents temps plein assurant l’encadrement, à mettre en parallèle avec le nombre d’étudiants, le nombre d’heures de cours ou de travaux pratiques à assurer, compte tenu de la politique de dédoublement adoptée par chaque institution concernée.

Ces indicateurs permettraient de constater l’ampleur de l’éventuelle insuffisance d’encadrement par rapport à d’autres filières. Si cet argument devait s’avérer déterminant pour limiter l’accès à une filière, il poserait toutefois la question de la responsabilité des institutions concernées puisque le taux d’encadrement ainsi que les infrastructures mises à la disposition d’une filière constituent des choix internes à une institution et on peut légitimement se poser la question de savoir si ces choix doivent conduire à une limitation généralisée de l’accès à la filière.

Certains invoquent le nombre de cas « cliniques » qui peuvent être soumis aux étudiants ainsi que le nombre de stages à leur disposition. Là aussi, on aimerait pouvoir disposer d’indicateurs objectifs permettant de quantifier cette éventuelle pénurie, ce qui permettrait d’envisager les solutions pour la limiter au mieux.

Certains invoquent la situation financière inconfortable de tel ou tel médecin, vétérinaire ou kinésithérapeute qu’ils connaissent. Là aussi, des indicateurs objectifs liés aux revenus moyens par exemple, permettraient d’objectiver ce type d’argumentation et surtout de les comparer à d’autres professions sur le plan de l’insertion et de la valorisation professionnelle.

On est en droit de s’inquiéter car une accumulation de mauvaises raisons ou de raisons insuffisamment explicitées, ne constituera jamais une bonne raison.

Si les décisions ont malheureusement déjà été prises pour la filière des sciences médicales, il faudrait éviter qu’on n’évolue dans un sens similaire pour la kinésithérapie ou les sciences vétérinaires, et en tout cas pas sur une base aussi peu documentée.

Il est donc souhaitable qu’une argumentation objective et documentée soit disponible avant toute limitation de ces deux filières.

Il s’agira en effet de justifier après des jeunes pourquoi ils seront pénalisés dans le choix de certaines formations universitaires qui n’ont pas été fermées, en leur temps, à leurs aînés.

Il s’agira également d’éviter le risque de faire passer dans le grand public, l’idée qu’au final, c’est le protectionnisme de certaines professions qui est à la base de cette regrettable évolution.

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